Section PCF Paris 13è

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Voeux du Front de Gauche, 30 janvier 2011 - Discours PCF

le 03 February 2011

Bonjour à tous,

Je veux tout d'abord vous remercier toutes et tous d'être venus à ces vœux du Front de gauche du 13e arrondissement.

Je souhaite remercier la présence parmi nous de plusieurs élu-e-s parisien-ne-s du Front de gauche, en particulier Ian Brossat, conseiller de Paris, président du groupe PCF-PG à l'hôtel de ville et élu du 18e ; Danielle Simonnet, conseillère de Paris, élue du 20e ; et Eric Coquerel, élu régional du PG.

Bien évidemment, le tableau ne serait pas complet sans nos élues du 13e, Emmanuelle Becker, conseillère de Paris ; Michèle Lorthois, élue du 13e et Nicole Borvo, sénatrice de Paris, présidente du groupe CRC-SPG au sénat.

Nous nous retrouvons ici pour poursuivre ce que nous avons engagé à l'automne, une construction politique commune sous toutes ses formes, et les initiatives qui en découlent. Ce moment est l'occasion d'échanger sur ce que nous pouvons faire ensemble, au delà d'après midi crêpes.

Dans la période que nous vivons, comme dans celle qui s'annonce, nous avons besoin de mener la bataille politique et idéologique. Face à la droite et au pouvoir en place bien évidemment, qui reste notre première cible. Face aussi à l'extrême droite, au Front national qui se reconstruit à peu de frais l'image d'un parti « respectable » sur la forme, jamais sur le fond. Je veux à cette occasion dénoncer la manipulation récente autour de la caricature de Plantu. En assimilant Jean Luc Mélenchon à Marine le Pen, cette caricature ne vise pas seulement un homme, mais des idées, nos idées. En attaquant Jean Luc Mélenchon, c'est l'ensemble du Front de Gauche qui est visé, et nous ne le tolèrerons pas.

Je le disais, il nous faut aujourd'hui pousser le débat politique. Nous sortons d'un fort mouvement social sur les retraites, et la lutte sociale ne doit pas retomber. Au delà des retraites, c'est à l'ensemble des questions d'emploi, de salaires ou de formation qu'il nous faut aujourd'hui esquisser des réponses ; alors même que l'on nous a annoncé ces derniers jours une nouvelle hausse des chiffres du chômage.

Le débat porte aujourd'hui sur la question des inégalités de salaires, et nous avons entendu plusieurs propositions récemment à ce sujet. Le Parti socialiste met en débat la réduction de l'échelle des salaires de 1 à 20, par entreprise. Cette position est largement discutable : en réduisant les disparités uniquement au sein des entreprises, nous sommes très loin encore d'une égalité réelle, nous approchons seulement l'idée d'une égalité fragmentée selon le marché du travail, celui là même que nous voulons transformer radicalement.

Alors, une échelle de 1 à 20 sur l'ensemble des salaires ? Là encore, et ceci est un avis personnel, ceci n'est pas suffisant. Aujourd'hui, quel sens cela a t il encore d'avoir encore des gens qui gagneraient en 3 minutes ce que certains mettent une heure à gagner ?

Sur ce point, comme sur d'autres, on nous accuse souvent d'utopistes, de « doux rêveurs » . Mais je voudrais poser simplement quelques questions.

Qui sont les utopistes aujourd'hui ? Ceux qui pensent que le système est insoutenable et que nous courrons à la catastrophe si les forces de progrès ne se mobilisent pas ? Ou ceux qui pensent que l'on peut « moraliser » un système basé sur l'exploitation de la misère ?

Qui sont les utopistes aujourd'hui ? Ceux qui pensent que les salaires, les retraites, la formation sont liés et qu'il faut des solutions globales ? Ou ceux qui pensent que l'on peut segmenter notre système social en tranche, que l'on peut garder l'âge légal de retraite à 60 ans et allonger la durée de cotisation sans incidence sur nos vies ?

Le Front de gauche, dans sa diversité et dans son unité, est la garantie que le combat social et politique se poursuit. Aujourd'hui, nous pouvons franchir un nouveau cap en rassemblant les énergies disponibles. Nous savons qu'elles sont nombreuses, les derniers mouvements sociaux en attestent.

Des dizaines, des centaines de citoyens dans notre seul arrondissement sont en attente de signes politiques forts face à un pouvoir politique toujours plus violent. C'est dans ce sens que vont les initiatives du Front de gauche du 13e dans les prochaines semaines et les prochains mois.

- Nous voulons, dans les prochaines semaines, mener une bataille forte sur la question de l'hôpital, largement menacé par les réformes en cours, y compris dans notre arrondissement (Pitié). Et pourtant, contrairement au discours dominant, nos institutions publiques de santé sont la meilleure garantie de la justice sociale. Nous pouvons en faire la preuve. Récemment un scandale a éclaté : le Médiator. Nous avons su l'expliquer : la loi du profit, la rentabilité, l'achat des autorisations de mise en vente sont autant de causes du scandale... Nous pouvons aussi le changer : pour cela, nous avons besoin d'une recherche publique indépendante, ayant les moyens de fonctionner sans pression ni lobbying. C'est un objectif majeur de la bataille qui s'engage autour de l'APHP et de ses structures de recherche. Privatiser la santé doit être aujourd'hui considéré comme une mise en danger de la vie d'autrui.

- Je ne peux aussi m'empêcher d'évoquer la question des centres de santé, et la bataille menée par nos élus du groupe PC-PG à Paris. Ils ont réussi ces derniers mois à obtenir un sursis pour ces structures de proximité. Mais la bataille est encore longue pour pérenniser et moderniser ces centres de proximité.

Partout, autour de nous, avec nous, les initiatives vont se multiplier.

- Dans l'éducation, où le service public est mis à mal par les suppressions continues de postes.

- Sur le logement également. Nos élus ont mené bataille pour poursuivre l'effort de construction et d'élargissement du parc de logement social à Paris. C'est le sens aussi de notre proposition d'initiatives autour du 14 février. Fêtons la saint valentin du logement social ! Parce que nous en avons assez de la stigmatisation des populations qui vivent en logement social. Parce que nous avons besoin de sortir le logement de la situation de marchandise spéculative !

Bien évidemment, nous aurons un débat très prochain sur les présidentielles et les législatives.

Je voudrais à ce sujet exprimer une opinion plus personnelle. Rassurez vous, je ne donnerais pas de nom. Pas seulement parce que je veux éviter le pugilat dans une belle section toute neuve. Mais surtout parce que je veux éviter de prendre le débat à l'envers.

Nous critiquons, au moins en partie à juste titre, le primat des médias sur le débat politique et le débat d'idées. Alors que faisons nous ?

- Nous jetons nous à corps perdu dans une course aux noms ? Nous faisons nous à notre corps défendant les défenseurs d'un système politique antidémocratique, la Ve république ? Rentrons nous dans le jeu d'un système présidentiel et plébiscitaire, alors même que nous allons cette année commémorer les 160 ans de la Commune de Paris qui a permis l'émergence momentanée d'un contre pouvoir face aux élites bonapartistes ou monarchistes ?

- Ou mettre en pratique notre idée d'une transformation radicale du jeu politique ? Nous voulons une autre république, dont les contours sont encore à préciser, justement pour éviter cet effet star de la Ve. Nous voulons une autre vie politique, pour que la démocratie ait un sens véritable.

Alors, sur ce débat, je veux lancer un avertissement, amical bien entendu. Cette campagne doit être collective. Collective au niveau national, où la diversité devient force, où personne ne joue une ambition personnelle. Mais collective aussi au niveau local. Il est hors de question pour moi que l'on ouvre une période de leadership d'un parti sur les autres. Il est tout aussi in-envisageable que l'on s'engage dans une campagne avec le recours systématique à la délégation de pouvoir. Ce ne sont pas les seules directions de Parti qui doivent assumer la campagne. Ce ne sont pas non plus les seuls partis qui doivent l'assumer.

Il ne s'agit pas seulement de s'adresser aux quelques personnes qui sont déjà proches de nous mais de faire avec la majorité du peuple, de faire la majorité tout court.

Je veux pour conclure vous dire que nous pouvons être dans les semaines à venir optimistes et combattifs. Beaucoup d'entre vous ont vécu la campagne du Traité constitutionnel européen. Nous avions lancé cette campagne avec deux idées fortes : 1) ce traité est inacceptable 2) nous pouvons gagner la bataille.

Je suis personnellement entré en politique à cette période. Dans un moment où la gauche relève la tête. Personne n'aime les défaites, montrons que les mois qui s'annoncent sont aussi ceux de victoires possibles.