Section PCF Paris 13è

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Point de vue des élu-es communistes de Paris après l'adoption du Plan Local d'urbanisme

le 09 novembre 2006

Le PLU vient d'être adopté par le Conseil de Paris. Ce règlement se donne des moyens concrets pour façonner notre ville jusqu'en 2020. C'est de la vision de Paris pour l'avenir qu'il s'agit, et nous nous félicitons du débat public qui a fait irruption dans la presse ces derniers temps. Les communistes y ont largement contribué et sont porteurs de la vision d'une métropole ouverte et solidaire. Nous voulons garder sa population en nombre et en diversité et reconquérir l'emploi perdu depuis les années 1990. Nous voulons que Paris tienne sa place dans le monde, en France et dans l'agglomération, solidaire de ses voisins. Or nous avons assisté lors du vote le 12 juin à une violente offensive de la droite UMP, qui ne veut pas de ce Paris solidaire, et à une tentative du groupe Les Verts de confisquer le débat, menaçant le matin de voter contre le PLU, pour enfin s'abstenir, se réclamant de la défense du logement social mais s'opposant, avec l'aide de la droite, à nombre de dispositions qui en favoriseraient la réalisation. Une caricature, cet amendement au PLU proposé par la droite et adopté avec le renfort des Verts... supprimant 210 logements pour des infirmières dans le 16e arrondissement, parce qu'ils mordaient sur un grand espace vert. En quatre ans, depuis le lancement de la procédure d'élaboration du Plan Local d'Urbanisme de Paris, des avancées importantes ont été obtenues. Certaines questions étaient consensuelles, d'autres non. Mais la persévérance des élu-es communistes a porté des fruits. D'abord sur le logement social : l'objectif de la municipalité était la réalisation de 3500 logements sociaux par an, il est passé à notre demande à 4000. Aujourd'hui il est acté qu'il tendra vers 4500. Un pas de plus vers les 5000 que nous demandons ! Et la proportion de logements dans les territoires de projets, seuls grands espaces disponibles sur la couronne de Paris, a été sensiblement augmentée. Autre avancée obtenue : c'est à partir de 800 m2 (au lieu des 1000 prévus) que les opérations immobilières privées devront comporter 25% de logement social, dans les secteurs déficitaires en logement social. Notre vœu pour la transformation d'hôtels vétustes en logement social a aussi été adopté. Enfin de nombreuses “ réserves ” pour logement social ont été ajoutées dans le PLU, et la recherche de nouveaux emplacements possibles va continuer. Concernant l'activité et l'emploi : nous nous sommes toujours battus pour que l'on n'oppose pas emploi et construction de logements. Paris, moteur de l'économie régionale, doit maintenir de l'activité à la fois en faveur des Parisiens et des Franciliens. Cela aurait été une grave erreur de diminuer les possibilités de développer l'emploi à Paris ! Au final, nous avons réussi à maintenir le niveau d'activité dans les territoires de projet, et nous nous en félicitons. Aussi notre demande d'augmenter la proportion de logements sociaux dans ces territoires était-elle assortie de propositions pour une meilleure utilisation de l'espace permettant d'accueillir logement, activités diverses, équipements, espaces verts et de construire la qualité de vie indispensable à une ville durable. C'est aussi à notre demande que la diversification des surfaces dédiées à l'emploi a été intégrée. Paris doit en effet se donner les moyens nécessaires de relancer l'activité et ceci à travers la diversité, facteur de réussite économique mais aussi de progrès social, puisque les emplois créés doivent pouvoir être proposés aux demandeurs d'emploi dans leur diversité. Enfin, nous avons obtenu la mise en place de mesures spécifiques de protection et de promotion de l'activité dans les faubourgs pour que se maintienne à Paris des secteurs de mixité habitat-emploi. Sur la densité et les hauteurs : pour nous, seule une réflexion approfondie au sujet de la densité, de la qualité urbaine et architecturale permettra de répondre au mieux à l'ensemble des défis à venir et fabriquer de vrais morceaux de ville. La question des hauteurs n'en est qu'un des aspects. Les opportunités foncières sont rares, les besoins sont importants. Nous avons la responsabilité optimiser l'utilisation des sols, pour une ville durable. Le débat a permis de progresser, le principe a été accepté de travailler ensemble dans ce sens sur des projets concrets. Les architectes, les urbanistes, les sociologues, ont tourné la page et ont tiré les expériences des échecs de l'urbanisme des années 70, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Nous devons nous autoriser à concevoir des projets urbains innovants, comme on en trouve dans bien d'autres pays. Quant aux rapports avec nos voisins : de part la loi le PLU s'arrête aux limites du périphérique. Mais les communistes agissent depuis longtemps pour la nécessaire solidarité au sein de l'agglomération. C'est dans cet esprit que nous avons abordé le PLU, convaincus que l'affaiblissement de Paris, en population, en emplois, ne profite pas aux autres communes, bien au contraire. Le développement ne peut se penser que solidaire. La couture urbaine entre Paris intra et extra muros est engagée et nécessitera un travail dans le long terme en coopération avec les communes de la zone dense. Aussi, c'est très résolument que nous nous sommes battus pour améliorer le PLU en fonction de notre vision de l'avenir de Paris, et c'est très résolument que nous l'avons adopté. Et c'est résolument que nous continuerons à débattre et à faire avancer les projets avec les associations, les experts, les citoyens.