Section PCF Paris 13è

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Jean-Noël Aqua - fabriquer à Paris pour une industrie sociale et environnementale

Parmi les 54 préconisations, Jean Noel Aqua a souligné 4 d’entre elles qui seront mise en oeuvre d’ici 2016 : la création d’un label "Fabriquer à Paris", l’intégration du principe de bonification des concours financiers en fonction des finalités sociales et environnementales, la mise en oeuvre d’une stratégie renforcée en matière d’action foncière et immobilière pour préserver et reconquérir des espaces de fabrication et favoriser les synergies entre les acteurs concernés.

Retrouvez son intervention

Madame la maire, chers collègues,

Cette mission d’information peut être, et doit être un moment important de notre mandature, où nous conjuguons plusieurs ambitions.

En premier lieu, l’ambition industrielle et artisanale. Alors que les libéraux montrent chaque jour leurs échecs et mensonges, il s’agit pour nous de donner du pouvoir aux citoyens sur l’économie, non seulement de contrôle, mais aussi de création. Que des représentants du peuple décident du tissu économique qu’ils veulent promouvoir, voilà qui sort concrètement du laisser-faire. Des pistes nouvelles s’offrent à nous : des fab-labs aux imprimantes 3D, de l’économie circulaire aux recycleries, nous pouvons promouvoir des productions peu polluantes, peu bruyantes, peu volumineuses et permettant de fabriquer localement.

En second lieu, cette MIE, répond à une ambition sociale, puisqu’en assurant une diversité d’emplois, nous permettrons la diversité des classes sociales. Paris pour tous est notre slogan. Permettre à des ouvriers de travailler sur Paris, luttera contre leur expulsion progressive de la capitale.

Enfin, troisième ambition, la dimension écologique. Alors que les états s’engagent pour la Cop21 dans une course de lenteur et de contradictions, nous voulons promouvoir localement une transformation sociale et écologique. Certes, la solution à ce problème global doit passer par des réponses globales. Mais les réponses locales peuvent avoir un effet d’entrainement si elles s’attaquent aux racines du problème. Les pancartes le répétaient hier à Alternatiba : Changer le système, pas le climat. C’est notre volonté en changeant les modes de production, les modes de transport et en sortant des logiques consuméristes.

Le travail de la MIE a abouti à plus de 50 préconisations qui ont fait l’unanimité. Il nous reste à les traduire en actes. L’objet de notre vœu consiste à engager sans tarder les chantiers dont nous avons esquissé les plans. 4 nous semblent singuliers : le label Fabriqué-à-Paris, l’orientation des fonds publics, le foncier et la logistique.

Nous souhaitons que la Ville dépose déjà la marque Fabriquer-à-Paris. Mais aussi que nous travaillions avec un organisme de certification afin d’en définir le contenu en suivant deux fils rouges : relocaliser la production bien sûr, mais aussi promouvoir des règles environnementales et sociales. Le label doit permettre de valoriser les entreprises qui minimisent leur impact sur l’environnement, des entreprises basées sur le partage des pouvoirs comme les SCOP, ou sur les valeurs de l’économie sociale et solidaire. C’est à cette condition que le label aura un sens progressiste, à l’opposé d’un repli `localiste’.

Deuxième chantier, le contrôle des fonds publics, levier important pour la puissance publique. Notre collectivité aide déjà financièrement des entreprises pour leur innovation. Elle pourrait le faire en promouvant aussi des critères sociaux et environnementaux. Nous avons convergé lors de la MIE pour le faire via des bonifications des demandes de subventions. Il faudrait là aussi mettre en place un groupe de travail pour en définir les contours précis.

Le troisième chantier concerne le foncier, dont il est clairement apparu lors des auditions, que sa rareté et sa cherté, sont des handicaps majeurs à la production locale. Il faudrait que les différents services concernés fassent une évaluation des espaces qui pourraient être mobilisés pour accueillir des unités de fabrication, des pieds d’immeuble aux grandes opérations comme Bercy-Charenton et ses tunnels.

Enfin, dernier chantier, celui des transports de marchandises qui est un des principaux responsables du réchauffement climatique. Nous devons favoriser les modes de transport les moins polluants, basés sur le rail, notamment le fret ferroviaire. Bien sûr, ce n’est pas du seul ressort de la Ville de Paris, mais une action plus vigoureuse pour développer le fret ferroviaire en utilisant tous les leviers possibles devrait être notre priorité. De même, nous devrions promouvoir les véhicules électriques de livraison, en particulier sur les derniers kilomètres. Pour cela, nous proposons de développer des plateformes de stockage multimodales, et de prendre appui sur les services publics Sogaris, Poste, Sncf, Ratp, les plus à même d’avoir des visées à long terme.

Pour conclure, ces préconisations nécessitent un travail en amont conséquent, et nous cherchons par notre vœu à amorcer déjà la dynamique nécessaire à leur réalisation. Nous souhaitons aussi, au vu du travail fourni et de l’unanimité sur le rapport, la mise en place d’un comité de suivi des préconisations afin d’en stimuler la réalisation. Viser le développement humain durable nécessite de fabriquer à Paris une politique industrielle et artisanale progressiste.

 

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