Section PCF Paris 13è

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Emmanuelle Becker - Rentrée scolaire : les moyens de l’éducation nationale ne sont pas au rendez vous.

Emmanuelle Becker a rappelé que nous avons besoin en France d’un vrai plan d’urgence pour l’école, en rupture avec l’austérité. A Paris, l’Etat doit accorder des moyens supplémentaires pour le rectorat, et la ville doit stabiliser encore davantage la situation des animateurs des ateliers périscolaires. De plus, la mise en place du dispositif SOS rentrée, en vigueur dans le Val de Marne, aiderait grandement les élèves décrocheurs.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

Les déclarations du gouvernement présentent cette rentrée 2015 comme idyllique. Malheureusement, la situation sur le terrain est beaucoup plus complexe et contrastée. D’un côté, les postes d’enseignants manquent et ceux créés peinent à être pourvus, faute d’attractivité pour un métier de plus en plus difficile. Une génération précaire d’enseignants peu ou pas formés prend ses fonctions dans des conditions incertaines.

De l’autre, L’état se décharge de ses responsabilités sur les collectivités, et met en danger l’égalité de l’éducation entre les territoires. Un après les rythmes scolaires, les difficultés s’accumulent pour des communes déjà bien maltraitées, et la nouvelle réforme des collèges casse la cohérence nationale de l’enseignement pour laisser place à un choix de matières « à la carte » selon les territoires.

Nous avons, plus que jamais, besoin d’un plan d’urgence pour l’école. Pas un timide plan de rattrapage, mais un réel sursaut, pour faire de notre éducation nationale l’outil de réduction des inégalités qu’il doit être. Un plan qui nécessite de sortir du cercle vicieux de l’austérité, dont la réalité des faits se heurte aux grandes déclarations du gouvernement.

Les efforts entrepris sont encore trop faibles, car les moyens alloués à l’école sont insuffisants. Atténuer l’entreprise méthodique de démolition des années Sarkozy est indispensable, mais ne suffira pas. Pour garantir l’épanouissement de tous, permettre l’émancipation, l’égalité de traitement et de chance pour tous les enfants, nous ne devons pas reculer sur l’éducation.

Une école à la hauteur des enjeux de notre temps se fera obligatoirement par la formation des enseignants et la revalorisation de leur métier, en conditions de travail comme en salaire. Elle doit être une école gratuite pour tous, permise par le rétablissement des fonds sociaux et des bourses qui sont régulièrement réduits. C’est une école qui arrive à plus de maîtres que de classes partout, qui garantit un périscolaire gratuit et de qualité dans tout le pays.

Une politique de l’éducation capable de répondre aux besoins passera par la reconstruction d’un service public national, qui rompt clairement avec la concurrence entre les établissements. Le gouvernement doit être beaucoup plus restrictif sur les dérogations à la carte scolaire et cesser de subventionner l’enseignement privé. 

Des moyens supplémentaires donc, partout en France et y compris à Paris, notre ville, qui ne doit pas être l’oubliée de la reconstruction de l’école. Dans une ville encore fortement touchée par les inégalités, « la priorité accordée à la jeunesse » ne doit pas être une formule creuse.

L’éducation à Paris fait malheureusement partie des victimes de la politique de rigueur budgétaire, et accuse une baisse de moyens pour cette année scolaire et la suppression de 29 postes. Une coupe, expliquée essentiellement par une baisse de la dotation du rectorat de Paris.

Lors du conseil de paris de juin, à la suite des annonces du rectorat, nous nous étions fait le relais des mobilisations des parents d’élèves et des enseignants. Nous demandions au gouvernement, par le biais d’un vœu, de revenir sur cette décision de suppression de postes.

Nous proposons de continuer ce combat des moyens, et de commencer dès maintenant celui de l’année prochaine. C’est pourquoi nous demandons, dans notre vœu l’octroi, de moyens supplémentaires à l’Académie de Paris pour garantir le bon fonctionnement de cette année. Nous demandons également que son enveloppe pour l’année prochaine soit en mesure de répondre aux besoins à Paris. Des besoins en enseignants titulaires et remplaçants, en rased, comme en auxiliaires de vie scolaire qui souffrent d’un sous – effectif chronique.

Une demande en cohérence avec le cap politique de notre ville en matière d’éducation, dont les motifs de satisfaction sont heureusement plus nombreux. La politique de déprécarisation des animateurs des ateliers périscolaires se poursuit, et nous nous félicitons, comme le demandait notre groupe lors de la précédente mandature, que ce mouvement concerne également les vacataires.

Nous l’avons dit à plusieurs reprises, un périscolaire et un extrascolaire de qualité passe par une vraie reconnaissance du métier d’animateur. C’est une profession à responsabilité qui ne s’apprend pas en deux jours. Nous pensons que des diplômes nationaux doivent s’accompagner d’un réel parcours qualifiant.

Dans ce sens, a professionnalisation, au niveau de la ville, d’une filière animation est une bonne nouvelle, témoignant d’un véritable engagement local pour le périscolaire. Nous pensons toujours que cette compétence devrait incomber à l’Etat, mais cette mesure montre que notre majorité fait passer avant tout un service public de qualité pour tous les enfants parisiens.

Cependant, des efforts restent encore à faire. L’établissement d’un contrat à 100 % doit être garanti pour les contractuels qui le souhaitent, et ne doivent pas être confrontés à des temps partiels imposés. De plus, si nous saluons la mise en place d’un référent périscolaire par école, il convient d’harmoniser les statuts et salaires des agents qui assumeraient des responsabilités égales, qu’ils soient REV ou DPA.

Nous sommes également heureux que le dispositif action collégiens soit développé dans notre ville, comme le demandait notre amendement au budget supplémentaire. La présence quotidienne d’éducateurs, pour apporter aux jeunes élèves une aide à la communication, à la définition de leur projet de vie et à la médiation, est d’un intérêt public majeur, confirmé par son succès.

Nous pensons, d’ailleurs, qu’un pas de plus doit être fait en direction des élèves en décrochage scolaire. La mise en place du service SOS rentrée, en vigueur dans le Val de marne, par exemple, densifierait encore davantage notre action en faveur des décrocheurs. L’installation de ce numéro d’urgence pour ceux qui n’arrivent pas à trouver de place pour poursuivre leur scolarité, ou ceux pour qui le choix d’orientation n’a pas été respecté, serait un vrai plus pour les jeunes.

Enfin, nous adressons à la Ville un soutien sans faille dans son combat pour mettre en place de nouvelles strates de quotient familial concernant les cantines scolaires. Cette mesure qui concerne les foyers dont le revenu fiscal est supérieur à 15 000 euros mensuels, participe à plus de justice sociale.

Chers collègues, je terminerai cette intervention par trois remarques :

Nous veillerons à ce que la révision du projet éducatif de Paris soit largement concertée, auprès de l’ensemble de la communauté éducative. Nous souhaitons également qu’elle soit débattue dans les conseils d’école. Il est important de travailler main dans la main avec la communauté éducative sur cette question, et que les objectifs comme les critères d’évaluation soient partagés.

La deuxième concerne le soutien scolaire. Les remontées d’enfants en demande de soutien sont énormes, et nous pensons que cette responsabilité ne peut être seulement assumée par le monde associatif. Si le concours de la ville à son développement mérite d’être salué, nous constatons qu’une vraie réforme au niveau de l’éducation Nationale doit être impulsée sur cette question.

J’en terminerai avec les investissements de la ville en matière de construction et de rénovation des établissements. La ville engage 780 millions d’euros de travaux. C’est beaucoup, mais la floraison de propositions en lien avec les écoles dans le budget participatif démontrent que les besoins sur l’école sont encore plus importants.

Ma remarque termine donc cette déclaration comme elle l’a commencé. Donner des moyens à l’école, c’est garantir dans le même temps les moyens des collectivités en charge d’entretenir ses établissements. La question de la rupture avec l’austérité se pose avec d’autant plus d’acuité. Au niveau de la ville, elle sera une affaire de choix et de priorités dans ce contexte contraint. Et la position de notre groupe est sans ambiguïté sur ce sujet : Nous défendrons l’investissement sur l’école devant beaucoup d’autres domaines de compétences de la ville.

Je vous remercie.

 

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